Névrose d’information, le mal d’une société 2.0

Angoisse, dépendance, addiction, boulimie, compulsions,.. tant de symptômes qui pourraient qualifier un addict à la nourriture mais qui peut être transposé à l’addict de l’information.

Sans être hypocondriaque, nous sommes tous confrontés quotidiennement, volontairement ou involontaire, à de l’information importante ou inutile.

Aujourd’hui notre exposition à l’information est si grande et si dérangeante qu’il devient difficile de la consommer et la digérer.



Comment gérer l’immense volume d’information tout en continuant à distinguer l’essentiel ?

Cette « surinformation », cette « surcharge informationnelle » est définie aujourd’hui sous un terme à consonance pathologique mais on ne peut plus révélateur : l’infobésité.

Je tente à travers ce billet et cette infographie de répondre cette problématique.



Le besoin d’organiser et d’agréger l’information

L’augmentation exponentielle des flux d’informations nous fait ressentir un besoin d’accès rapide à une information utile pour la transformer en connaissance puis en opportunité. L’une des solutions consiste à agréger nos flux d’information (flux rss, mail, réseaux sociaux, etc…) dans un minimum de tunnel afin de pouvoir y appliquer des règles de filtrage et de sélection en fonction de nos besoins et objectifs.

En sachant que l’objectif est d’éradiquer certaines pathologies typiques de l’infobésité, (c’est-à-dire,ne retenir que les premières informations obtenues, retarder le moment où nous allons travailler l’information, fuir devant l’information ou généraliser l’information), nous devons nous prémunir de réflexes permettant d’organiser les données tant à notre niveau que pour la communauté.

Cette agrégation de contenu nécessite donc la mise en place d’une stratégie de recherche et de récupération selon six points :

  • cerner le besoin d’information ;

  • formuler le besoin d’information ;

  • repérer les sources pertinentes ;

  • identifier les outils à exploiter en fonction de ces sources ;

  • interroger les outils ;

  • évaluer la qualité des résultats



La curation d’information, un nouvel usage

L’infobésité nous force à stocker d’impressionnantes quantités de données aussi rapidement collectées que périmées. Peu ou pas triés, ces empilements de sources et d’informations sont une assurance trompeuse qui ne fait que nourrir notre addiction à l’information.

Avec les nouveaux comportements face à l’information et de par la multiplicité des canaux de réception, le métier de veilleur s’est démocratisé pour devenir un usage grand public permettant de diffuser de l’information déjà triée, évaluée et présentée sous une nouvelle forme. Ce nouvel usage s’appelle la curation et prend sa source dans l’agrégation.

La curation est donc l’étape qui permet d’asseoir l’information en connaissance personnelle et ainsi la diffuser plus sainement à la communauté.



PKM et overdose d’information

L’ensemble de ces pratiques représente un véritable enjeu pour les années à venir, non seulement pour les individus, mais aussi pour les organisations,on les qualifie de Personal knowledge management (PKM).En français, le terme de PKM est traduit par « gestion des données personnelles », ce que nous pourrions définir aussi comme la capacité de transformer toutes les données qui nous assaillent (nous en avons trop) en connaissances (nous n’en avons jamais assez).



Pour conclure : une dose d’antidote en vidéo « Stop aux coms en sauce ! » par l’excellent Laurent Philibert